Le 10 juin 2026 à Cotonou, l’AOCTAH et ses organisations professionnelles membres ont organisé une importante journée de réflexion consacrée à la situation des véhicules J9 au Bénin. Cette initiative a été portée par le Syndicat National des Conducteurs de Camionnettes du Bénin (SYNACOCAB) et l’Union Nationale des Conducteurs de Bâchées, J9 et Assimilés du Bénin (UNaCoJAB), deux organisations professionnelles membres de l’AOCTAH Bénin.

Placée sous le thème « Situation des véhicules J9 au Bénin : Quelles solutions ? », cette rencontre a rassemblé les principaux acteurs du transport routier et du commerce transfrontalier, ainsi que les autorités béninoises compétentes, notamment l’Agence Nationale des Transports Terrestres (ANaTT), le Centre National de la Sécurité Routière (CNSR) et la Police Républicaine. Les représentants de l’AOCTAH Bénin et de l’AOCTAH Régionale ont également pris part aux échanges, qui visaient à examiner les défis liés à la conformité des véhicules J9 et à identifier des solutions concertées conciliant sécurité routière, respect de la réglementation et préservation des activités économiques.
Les véhicules J9 au cœur de l’économie locale et régionale
Les échanges ont porté sur les défis liés à la conformité des véhicules J9, les transformations techniques dont ils font l’objet ainsi que les conséquences économiques et sociales qu’entraînerait leur retrait brutal de la circulation.
Dans sa présentation, le Secrétaire Général du SYNACOCAB, M. Gratien Foyi DENADI, a rappelé le rôle historique joué par ces véhicules dans le transport des marchandises au Bénin. Utilisés quotidiennement pour l’acheminement des produits alimentaires, agricoles, pastoraux et halieutiques, les J9 constituent un maillon essentiel de la chaîne logistique reliant les zones de production aux marchés urbains et frontaliers.
Face aux préoccupations des autorités relatives à la sécurité routière et aux modifications non conformes de certains véhicules, les organisations professionnelles ont présenté un modèle de J9 transformé selon les normes techniques en vigueur au Bénin. Elles ont également sollicité un moratoire d’un an afin de permettre aux propriétaires de mettre progressivement leurs véhicules en conformité.

L’AOCTAH défend une approche équilibrée
Au cours des discussions, l’AOCTAH a rappelé l’importance stratégique des véhicules J9 dans la facilitation du commerce transfrontalier et l’approvisionnement régulier des marchés en produits de première nécessité.
L’organisation a souligné que ces véhicules représentent aujourd’hui l’un des principaux moyens de transport de proximité utilisés par les commerçants transfrontaliers de la sous-région. Leur contribution à la sécurité alimentaire, à la fluidité des échanges commerciaux et à la création d’emplois demeure considérable.
L’AOCTAH a également mis en évidence les difficultés rencontrées par les conducteurs sur les corridors commerciaux, notamment les tracasseries liées aux questions de conformité technique et aux catégories de permis de conduire souvent inadaptées aux caractéristiques actuelles des véhicules transformés.

Pour remédier à cette situation, l’organisation a recommandé :
- L’harmonisation des caractéristiques techniques et des gabarits des véhicules J9 conformément aux exigences réglementaires ;
- L’adaptation ou la création d’une catégorie spécifique de permis de conduire répondant aux particularités de ces véhicules ;
- La mise en place d’un mécanisme progressif de régularisation permettant aux acteurs de se conformer aux normes sans compromettre leurs activités économiques ;
- Le renforcement du dialogue entre les organisations professionnelles et les autorités compétentes.
Vers des solutions durables et concertées
Les débats ont révélé une volonté commune des autorités et des acteurs du secteur de trouver des solutions conciliant sécurité routière, conformité réglementaire et préservation des moyens de subsistance de milliers de familles.
La présentation d’un modèle de J9 conforme aux exigences réglementaires a été saluée comme une avancée significative susceptible d’ouvrir la voie à des solutions consensuelles et durables.
L’AOCTAH poursuivra son accompagnement des syndicats et associations professionnelles concernés afin de contribuer à l’émergence de solutions équilibrées favorisant à la fois le respect de la réglementation et le développement du commerce régional.